INTERVIEW AVEC Mlle GRABRIELLE ADJOBI (PCA DE FONDATION STRATEGIE DEFENSE)

Publié le par KAMAGATE ISSOUF

INTERVIEW AVEC Mlle GRABRIELLE ADJOBI

 

LA fondation stratégie défense est une fondation qui lutte pour la protection des entreprise et enseigne les outils et moyens aux entreprises  afin qu’ils puissent éradiquer les maux qui minent leur corporation ( concurrence déloyale, influence judiciaire, pirate de données…)

 

 

1-      Bonjour présidente, qui êtes vous à l’Etat civil ?

Adjobi : Moi c’est Adjobi Gabriel, Ivoirienne, présidente du conseil d’administration de la FSD, membre fondateur.

 

2-La FSD signifie quoi exactement ?

Adjobi :La FSD MAG signifie fondation stratégie défense et MAG c’est la marque déposée de la fondation, ce sont les initiales des prenoms du membre fondateur, Marie-Ange Gabrielle. Cette fondation est privée, à l’instar des autres fondations. Nous n’avons pas voulu mettre que le nom de la personne qui a initié ce projet, mais également mentionner l’objectif : stratégie défense, parce que cette fondation a pour objet majeur de s’occuper d’une part de la promotion de l’esprit de défense et de la pensée stratégique en Côte d’Ivoire et dans un deuxième temps accompagner les acteurs du monde de la défense dans leur action, voilà ce qu’est la FSD MAG.

 

3-      Que faites vous concrètement, parce que lorsqu’on entend stratégie défense, est-ce la défense des hommes ou des personnes que vous allez former afin qu’ils puissent protéger leur entreprise ?

Adjobi : La défense signifie la protection des intérêts vitaux d’un Etat et certaines personnes ont décidé de se vouer corps et âmes, même mourir  pour cet Etat, il s’agit des militaires ; mais elle n’est pas que seulement la défense militaire, ce serait insultant même de la réduire qu’à la défense militaire. La défense est globale, nous avons la défense économique, la défense civile, la défense culturelle, la défense sociologique, nous avons la défense à tous les aspects de notre vie. Quand on dit que la FSD veut accompagner les acteurs du monde de la défense dans leurs actions, c’est d’abord même identifier ces acteurs. Nous avons les acteurs institutionnels ( Président, Premier ministre, CEMA…) qui sont acteurs du monde de la défense et qui agissent en conséquence. Nous les entreprises, les simples citoyens, les planteurs, les agriculteurs, les touristes et toutes ces personnes là ne savent même pas qu’ils sont acteurs du monde de la défense. Nous voulons inculquer, développer l’esprit de défense en Côte d’Ivoire. Nous avons déjà produit deux articles sur la défense économique pour aider les entreprises. Après cette guerre, nous avons la guerre économique qui a déjà commencé à sévir dans le monde.

Nous voulons aider les entreprises par des méthodologies, par un savoir faire militaire à suivre. Nous avons aussi au niveau des citoyens des programmes de civisme, parce que l’esprit de défense est lié étroitement à l’esprit de citoyenneté, nous voulons apprendre aux ivoiriens et à tous les citoyens de ce pays à exercer leur citoyenneté aux dévoirs de défense qu’ils ont à fournir.

 

4 Donc votre souci de protéger les entreprises répond à cette finalité ?

Adjobi : Notre finalité c’est la protection de la société. Les entreprises font partie intégrante de l’Etat, s’il n’ya pas d’entreprise il n’ya pas d’économie, donc donner les moyens aux entreprises de survivre c’est aider l’Etat, à la fin c’est aider les ivoiriens et tous ceux qui vivent en Côte d’Ivoire. Quand on demande d’accompagner les militaires, d’accompagner l’armée dans ses actions ce n’est pas une action pour l’armée. Quand on demande d’aider le chef d’Etat major à poursuivre la lutte contre le rackette (en lui donnant des véhicules, des hommes, du carburant…) ce n’est pas pour aider le cema encore moins l’armée, mais c’est pour aider ces entreprises elles même parce que s’il ya la fluidité routière les entreprises sont les premières gagnantes.

5-A quel souci répond la parution des articles dans le quotidien Fraternité Matin ?

Adjobi : Les articles sont des formations gratuites que nous offrons aux grands publics. Dans nos activités nous avons des formations cibles, payantes pour les entreprises, pour les cadres. Mais nous avons aussi des formations gratuites. Parce que nous sommes une fondation, une fondation est une association qui veut aider les autres en leur donnant de l’argent, comme cela se voit, mais aider les autres en leur donnant aussi la connaissance. Nous ne voulons pas donner du poisson aux gens, nous voulons apprendre aux gens à pêcher ; donc nous leur donnons des moyens pour résister à cette guerre économique. Après ces différents articles nous avons reçu différentes entreprises qui sont venues vers nous. Nous leur avons donné des formations, la documentation, il ya une rupture de stock actuellement. Nous recommandons, à nos propres frais, tous ces documents à la faveur des entreprises.

 

6-      Les entreprises sont satisfaites après la formation ?

Adjobi : Oui parce que c’est innovant, parce que c’est des choses auxquels on ne fait même pas attention, on ne se rend pas compte de la mauvaise divulgation de l’information, on ne se rend pas compte de tout ce qu’on fait, qui, après, nuit même à l’entreprise.

 

7-      Comment se fait la formation. Ce sont les entreprises qui viennent vers vous ou c’est vous qui leur tendez la perche ?

Adjobi : Les formations en salle commenceront à partir du mois de Janvier, avec l’inauguration de notre centre de formation de recherche et de documentation (bibliothèque, médiathèque, salle de formation…). Pour l’instant les formations se font via notre bulletin qui est notre outil de formation et d’information et sont données gratuitement aux entreprises pour l’instant.

 

8-      J’aimerais savoir si la FSD est un cabinet de formation ou une ONG ?

Adjobi : Ce n’est pas une ONG, l’ONG est trop petite.

En Côte d’Ivoire, parmi toutes les conditions pour constituer une fondation, il faut avoir un budget d’un milliard. Nous sommes plus qu’une ONG, mais bien moins que l’Etat ; une organisation privée à but non lucratif.    

 

9-      Vous parliez de transposition et d’adaptation des méthodologies de savoir faire militaire…

Adjobi : Les entreprises créent des choses, vous avez la protection de vos informations sensibles, vous avez les concurrents, donc il faut sécuriser ces informations. Ces informations sont sécurisées via l’intelligence économique, qui est détaillée dans nos différentes formations. Mais les outils de l’intelligence économique sont militaires. Dans les pays développés, le système de protection des données sensibles de l’entreprise sont des outils militaires. Tout ce que nous avons chez le civil vient de l’armée. Internet est un outil militaire, qui, après avoir été utilisé par l’armée, a été mis à la disposition des civils, le  téléphone cellulaire est un outil militaire, qui après a été mis à la disposition du civil, la direction même de la logistique dans les entreprises est aussi un outil militaire. Donc nous poussons les choses, nous disons que l’armée n’est pas une entité qui vient d’ailleurs, l’armée vient de la nation, l’armée est là pour le peuple. Il ne faudrait pas voir l’armée comme des brutes, des gens qui ne savent que faire la guerre. Dans l’armée nous avons des ingénieurs, des médecins, des économistes, toutes les spécialités. Puisque l’armée est là pour nous il suffit de demander et établir une plate-forme pour un lien justement ce lien armée-nation, pour que les hommes, pas seulement les entreprises, mais que le monde civil arrive à coopérer, à bénéficier de toutes les potentialités de l’armée. La fondation se veut ce lien là.

 

10-  La FSD pourra freiner l’une des attaques (qui rongent les entreprises) dont vous avez mentionné dans votre article c'est-à-dire l’influence judiciaire ?

Adjobi : La FSD vous donne les outils. Dans l’article nous avons fait qu’identifier les menaces. Nous avons donné une seule solution : la veille informationnelle. Nous avons dit que pour avoir les autres solutions il faudrait se rapprocher de nous.

 

11-  Mais…

Adjobi : justement, vous dites que vous êtes attaqués, nous on vous dit voilà comment faire pour vous défendre, nous n’allons pas aller faire la guerre à la place des entreprises, nous leur donnons les moyens de se défendre. Si elles utilisent correctement ces moyens, alors toutes les entreprises seront sauvées.

 

12-  Et si à un certain niveau tout est opaque, et la justice est dans un rôle compromettant ?

Adjobi : Je ne veux pas rentrer dans les débats de justice corrompu ou pas , nous faisons confiance à la justice de notre pays, nous avons connu des pays ou il y’avait pas de droit.

Il faudrait que les Ivoiriens arrêtent cela. Si les gens se veulent juge qu’ils aillent aussi à l’école de droit, ils sortent juges pour exercer pleinement. C’est facile d’être hors du terrain de match et dire « oh tu joues mal, tu fais comme ceci tu ne fais pas comme cela… ». Moi j’ai fais des études en droit, on m’emmène des preuves et des faits, selon ces faits je donne mon appréciation et mon jugement. Quant vous accusez il faut donner les preuves…

 

13-  Vous avez fait le droit ?

Adjobi : Oui j’ai été major de ma promotion en maîtrise de droit public, c’est grâce à ce titre de major que j’ai bénéficié d’une bourse de l’Etat pour continuer mes études que j’ai, d’ailleurs brillamment réussi à l’Institut du droit de la paix et du développement  de Nice et à l’Institut des hautes études de défense nationale de Paris. Vu que j’ai réussi une bourse de l’Etat quand je reviens, je mets mon savoir à la disposition de l’Etat.

 

14-  Vous avez un palmarès bien côté, quels conseils vous pouvez donner à la nouvelle génération qui souhaiterais embrasser la carrière de droit et qui ne sait pas où cette cette formation peut la conduire ?

Adjobi : Le constat aujourd’hui c’est que les élèves se croient plus intelligents que le maître.

Pour aller à l’école il faut être humble, il faut se dire qu’on vient pour apprendre, et il faut se donner les moyens d’apprendre. Je prends un exemple banal, lorsque j’étais à la fac et qu’on devait passer les examens, j’avais le professeur Francis Wodié en droit public et on avait un examen à passer. Tous les étudiants se mettaient à dire « bon, vu la situation du pays, vu ce qui se passe ici, nous pensons que voilà la partie qu’il va donner à l’examen » et ils  décident eux même de bosser que cette partie, ils font des probabilités sur un sujet et ils ne bossent que ça. Moi je me dis qu’on nous a donné un cours même s’il est volumineux, dès les premiers jours de rentrée j’étudie et à la fin il y a le résultat. J’ai eu la seule à avoir la moyenne 12/20 dans la classe. Il ne faut pas faire de probabilité, il faut étudier et aimer ce que l’on fait. Je ne dis pas que ça n’a pas été dur. Quand je suis arrivé en Europe ça été très dur, mais j’ai travaillé. Personnellement moi je n’aimais pas l’école. Mais quand tu n’aimes pas quelques choses tu fais tout pour t’en sortir. Parce que je n’aimais pas je me suis donné les moyens, je me suis dis : il ne faudrait pas que je fasse 4à 5 ans dans la même classe et donc je suis partie en Europe. Mais j’ai l’impression que quand on n’aime pas l’école on ne bosse pas, si tu ne bosses pas tu vas rester dans l’école. Il faudrait être ambitieux et être petit, l’humilité fait grandir. Quand tu te fais petit les gens t’aident, quand tu dis que tu connais tout et tu es tout le temps entrain de discuter on n’avance pas. Je crois que  les étudiants les plus dangereux dans le monde et en Côte d’Ivoire particulièrement ce sont les étudiants de droit de première et deuxième année. Surtout ceux de la première année. Parce qu’en première année on vous apprend déjà tout vos droits, finalement vous pensez que l’Etat vous doit tout. L’Etat ne vous doit rien. Moi la fondation que j’ai monté, comme je l’ai dit dans mon discours officiel, c’est dans un but de reconnaissance. J’ai reçu beaucoup de mon pays et je veux lui rendre ça. J’ai bien aimé le premier discours du président Sarkozy, quand on lui a demandé « qu’est ce que vous allez faire maintenant que vous êtes président ? » il dit je vais essayer de rendre à la France ce qu’elle m’a donné. Quand on est dans cet esprit là on se donne les moyens, mais quand on se dit la Côte d’Ivoire me doit tout, je dois m’asseoir et on va me donner, le président doit faire ceci ou cela. Moi je me dis que je ne compte sur personne, je suis orpheline, je n’ai pas de papa, je n’ai pas de maman, je n’ai que moi-même, il faut que je me batte et le résultat est là, même si ce n’est pas encore ce que je veux, c’est l’entrée en matière.

 

15-  Donc vous vous suffisez aujourd’hui ?

Adjobi : Non, je dis c’est l’entrée en matière, on ne peut jamais se suffire. Plus on a et plus on a des besoins.

 

16-  Faire une fondation avec un budget d’un Milliard c’est pas donné à tout le monde…

Adjobi : Il y a la tête, je n’ai pas un milliard de francs, j’ai un milliard de relation. Il y a le projet qu’il faut débattre, tous ceux qui m’ont aidé à monter cette fondation, toutes les subventions que j’ai eues, tous les partenariats que j’ai ficelés, je ne connaissais pas ces personnes là, mais j’avais un projet en béton et j’avais la grâce de Dieu c’est avec ça que j’avance sinon moi je ne suis rien. Le seule héritage, comme le dit ma mère, c’est l’école, j’ai essayé de me battre à l’école j’ai prié et le seigneur m’a donné, il faut être à l’écoute. Je ne veux pas être pasteur pour vous évangéliser, mais il faut être à l’écoute du seigneur. Quand vous êtes à l’écoute il vous dit où aller où ne pas aller il vous montre les pièges où ne pas tomber, il suscite des âmes généreuses pour vous aider, il faut lui faire confiance. Mais pour cela il faut arrêter la jalousie, la rancœur, l’envie, la méchanceté et tout, il faut être honnête.

 

17-  Merci bien

Adjobi : Merci

 

                                                                                   KAMAGATE  ISSOUF

 

 

 

 

 

 

 

 

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