COMMENT VIVENT LES DANSEUSES DES ARTISTES IVOIRIENS?

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A l’époque, danser avec un artiste, c’était un plaisir pour certains. Juste pour fuir l’ennui. D’autres dansaient pour le « m’as-tu vu ? ».

Mais, aujourd’hui, la danse se professionnalise, alliant qualité scénique et dynamisme, conjuguée à une impressionnante chorégraphie et des tenues vestimentaire séduisantes. Cela nous rappelle la Gazelle ( Fatou Coulibaly) et la Biche ( Léonie). Ces deux danseuses ont fait les beaux jours de la danse, à travers leur prestation  avec Aicha Koné et leur apport dans la confection de plusieurs clips comme celui de Meiway ( Godeba). Après cette génération, on assiste à une floraison de danseuse dont Michelle (  ex danseuse de Gadji Celi), Ouattara Amy ( ex danseuse de Meiway), Chantal Delaure (qui sont,actuellement, au bord de la Seine)...

Foualy-Lou Eloise Larissa fait partie de la nouvelle génération des danseuses. C’est avec Shigata de Korhogo qu’elle a débuté, lors de l’émission de vacance de la RTI « Varietoscope ». Par la suite elle a fréquenté plusieurs troupes  de danse notamment « Siogodé » avant d’accompagner les artistes comme Affo Love, Taboth Cadence  etc.

Larissa n’est pas que danseuse ; A ses heures libres, elle s’adonne à la tresse, natte, tissage dans son salon de coiffure. Les mains dans les cheveux d’une cliente, Larissa accepte volontiers de se prêter à  nos questions.

Comme sa camarade, Florence a également débuté dans l’émission Varietoscope avec le groupe « El Shadda » ; elle dit accorder beaucoup de crédit à ce métier. Ce n’est pas de l’argent comptant, car elle est étudiante à l’INSAAC ( Institut National des Arts et de l’Action Culturelle) dans la discipline de danse ; En outre Florence possède des cabines téléphoniques qu’elle gère.

Contrairement à celles citées ci-dessus, d’autres danseuses sont dans leur foyer, les jours sans spectacle, c’est le cas de Daniel ( danseuse de Soum Bill), elle porte même présentement une grossesse ; idem pour Arlette ( danseuse de Bétika) qui  vient d’être mère de famille.

Les tarifs des prestations des danseuses varient selon les lieux. Pour des spectacles à Abidjan, elles reçoivent 15000 à 20000Fcfa ; 30000 à 35000Fcfa pour les villes de l’intérieur et 100000 au niveau de la sous région. Ces prix peuvent être réduits à la moitié si les danseuses sont quatre ou cinq.

Les spectacles, pour certaines vedettes, ne sont pas réguliers et la pomme de discorde entre ces danseuses et les artistes se situe, en majeur partie,  au niveau de la rémunération. Car certains artistes ne respectent pas souvent leur engagement, provoquant ainsi des brouilles, soutient Florence. Nous avons tenté, en vain,  de joindre certains artistes pour avoir leur version.

« Il y a des artistes qui ne nous respectent pas ; après avoir dansé pour eux, ils refusent de nous payer, or c’est notre métier. » souligne Larissa qui a eu déjà à se disputer avec une musicienne venue de l’Hexagone pour sa promotion. Otté Joëlle abonde dans le même sens, elle mentionne avec amertume l’ingratitude de quelques artistes. Selon elle, les artistes les remercient en monnaie de singe lorsqu’elles dansent pour eux. « Je ne danserai plus gratuitement pour un chanteur ou une chanteuse » martèle Joëlle.

Cette danseuse a un palmarès un peu côté. Elle part de l’émission des touts petits « Wozo vacance » pour se retrouver à Varietoscope en 1994 avec Alliebé de Djekanou. Un tour au ballet national et une année en Corée avec la troupe de danse Glaozietih. Joëlle participe au Kora en Afrique du Sud avec Ziké. A travers la danse, elle a fait de nombreux pays de la sous région avec sa camarade de tous les jours Larissa. Hormis la danse, elle est aussi tenancière de maquis.

Nous avons tenu à rencontrer l’une des doyennes, aujourd’hui, dans la corporation des danseuses. Kouadio Brou Charlotte, c’est son nom à l’Etat civil. C’est l’une des professionnelles de la place. Ces prestations avec des grands de la musique Africaine ne prouvent pas le contraire: M’bilia Bell, Bozi Boziana, Extra Musica, Sheela, Meiway…sont certains des artistes qu’elle a accompagnés

Suite à une audition, elle part en 2000, en Allemagne pour des spectacles d’échange culturel entre la tradition Africaine et l’Occident.

Charlotte préfère danser avec les artistes femmes ; avec elles, l’entente y est, selon elle. Par contre, toujours selon ses dires, les jeunes artistes masculins n’ont pas de la considération pour les danseuses. Toujours fraîche malgré son âge, elle est présentement attristée par la disparition de sa mère spirituelle, Joëlle C .Charlotte a coproduit la chorégraphie du dernier album de la défunte avec un de ses collègues.

 

                                 

                                 KAMAGATE ISSOUF    

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