Côte d’Ivoire : Les journalistes se dressent contre une forme déguisée du terrorisme qui guette le monde des affaires

Publié le par Kamagaté Issouf

Côte d’Ivoire :  Les journalistes se dressent contre une forme déguisée du terrorisme qui guette le monde des affaires

Face aux dégâts causés par les fausses informations et les discours de haine au niveau des populations, le Réseau des professionnels de la presse en ligne de Côte d’Ivoire (Repprelci) s'est réuni du 8 au 11 juillet à Grand Bassam, pour affûter leurs armes en vue d’endiguer ce mal pernicieux qui constitue un danger pour la société. Ce, autour du thème : « Médias numérique et cohésion sociale ».

En effet, l’on peut citer quelques cas des conséquences résultant de ce danger. Dimanche 25 avril 2021, un article publié sur les réseaux sociaux fait échos de la sortie d’un nouveau billet de 50000 Fcfa par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) en ces termes : « La Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (Bceao) mettra en circulation un billet de 50.000 Fcfa, à partir du 30 avril, a annoncé son directeur des activités fiduciaires, samedi à Dakar. Le président sénégalais Macky Sall, venu présider la cérémonie de commémoration du 52e anniversaire de la Bceao a dévoilé les deux faces (recto et verso) du nouveau billet de 50 000 Fcfa, en présence de Tiémoko Meyliet Koné, gouverneur de la Banque centrale, et des invités réunis au siège de l’institution », relate l’article avec à l’appui un billet portant le montant 50.000 et des images de lions. Avant un large partage, la Bceao a dû automatiquement rectifier le tire en dénonçant cette information, qui selon elle, est une Fake news (fausse nouvelle).

Si cette information n’a pas trop perturbée le marché, celle de « ressortissants ivoiriens victimes d’exaction au Niger » a créé une chasse aux sorcières des nigériens à Abidjan. Des nigériens exerçant en grande partie dans la vente de l’attiéké et le poisson thon appelé (Garba), la quincaillerie, la vente de bois etc ont vu leur commerce détruit, pillé ou incendié. Une perte en vie humaine enregistrée et des dégâts matériels évalués à près de 100 millions Fcfa. Le Consul de la Côte d’Ivoire à Niamey, Victor Akesse Akpro a dû infirmer cette information en déclarant : « Il n’y a pas de maltraitance contre des Ivoiriens ici à Niamey et au Niger. il n’y a absolument rien. On ne sait pas d’où les gens tirent ces images ?». Véritable question. C’est en cela que Dr Alfred Dan Moussa, directeur de l’Institut polytechnique des sciences et techniques de la Communication (Istc) exhorte les journalistes à être les premiers à dénoncer ces fausses informations et discours de haine considérés comme une flèche empoisonnée. « Les fausses informations et les discours de haines sont des dangers réels, des formes déguisées du terrorisme qui s’apparentent à une flèche empoisonnée qui endeuille le monde et détruisent les relations entre partenaires économiques et diplomatiques, entre employeurs et employés, entre gouvernement et les populations », explique-t-il. Dans le même élan, le président du Repprelci, Lassina Sermé a exhorté tous les acteurs de la presse numérique à une vigilance permanente pour définitivement rayer dans les contenus des plateformes en ligne et physique ces infox qui ont pris une proportion inquiétante au regard de l’expansion des réseaux sociaux.

Le ministre de la Réconciliation Kouadio Konan Bertin va plus loin en soulignant que la bonne information requiert la participation active de tout gouvernement, d’où sa présence à cette session de renforcement des capacités. Qui a réunis, outre les journalistes, les représentants des institutions publiques et internationales, des bloggers, la société civile et forces de défense et de sécurité.

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

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