Podcast PourParlers : « l’augmentation du niveau de la dette n’est pas forcément un signal négatif »

Publié le par Rédaction

Podcast PourParlers : « l’augmentation du niveau de la dette n’est pas forcément un signal négatif »

Selon les données sanitaires, l’Afrique a été moyennement impactée par la Covid-19. Mais les économies du continent ont été ébranlées. De nombreux pays sont entrés en récession et l’endettement des états africains augmente, principalement du fait de la baisse des recettes et de la hausse des dépenses publiques. Décryptage avec Maître Nicolas Jean, avocat associé chez Gide Loyrette Nouel.

Le podcast PourParlers #9 est à écouter ICI et sur Spotify

MaîtreNicolas Jean a initié en mars 2020 une task force entièrement dédiée à la dette et aux financements des économies africaines au sein du Cabinet Gide Loyrette Nouel, dont il est Associé et Membre du Comité exécutif. Pour le podcast « Pourparlers », il revient ainsi sur l’annulation et la restructuration des dettes publiques africaines alors que doit se tenir le 18 mai prochain le Sommet du financement des économies africaines organisé par l’Élysée.

Sur la dette des pays africains, qui s’élèverait à près de 365 milliards de dollars, Maître Nicolas Jean souligne qu’ « avec la pandémie, il est plus que jamais nécessaire d’investir massivement dans des infrastructures de santé, d’éducation et de transports. Tout cela nécessite des dépenses importantes. Dans ces circonstances, l’augmentation de la dette est normale et l’endettement n’est pas forcément négatif. (…) Le panorama sur le continent est très hétérogène. Dans certains pays, le taux d’endettement d’aide publique sur PIB dépasse les 100% et dans d’autres pays, notamment en Afrique subsaharienne francophone, on est proche ou en dessous des 50% ».

Toutes les dettes sont différentes

« Un pays ne peut pas unilatéralement refuser de rembourser sa dette, pour des raisons de crédibilité sur le marché, mais aussi pour sa notation. En revanche, il peut se tourner vers le cadre commun mis en place par le G20 afin de mener des discussions sur la restructuration de sa dette. Cela peut comprendre un allongement de la durée de la dette, une réduction de son montant ou une annulation partielle. Il doit y avoir des réponses spécifiques à chaque pays, car toutes les dettes sont différentes » a-t-il ajouté.

Premier think tank dédié au sujet

Sur les conséquences que pourraient avoir la nouvelle monnaie unique de la CEDEAO en matière de dépenses publiques, Maître Nicolas Jean précise : « l’arrivée de l’Eco n’est pas immédiate. Donc cette monnaie n’aura pas d’impact direct sur les discussions relatives aux restructurations et annulations de dettes. Mais c’est un nouvel outil au service de la souveraineté des pays membres qui devrait leur permettre à termes de mieux maitriser leur endettement ».

MaîtreNicolas Jean procède actuellement avec d’autres acteurs à la création d’A New ROAD, premier think tank entièrement dédié à la dette et au sous-financement des pays africains. Il sera composé de membres fondateurs prestigieux, expérimentés dans le domaine de la dette et dont le profil couvre les sphères publiques et privées. A New ROAD se veut un outil de plaidoyer visant à servir deux objectifs principaux : faciliter de nouvelles solutions de financement public et encourager l'investissement privé. 

 

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