Yorobodi : Le guide religieux Ouattara Mounirou échappe à la mort

Publié le par Isaac Le Blanc

Yorobodi : Le guide religieux Ouattara Mounirou échappe à la mort

Située à 97km de Bondoukou, la localité de Yorobodi, considérée comme un lieu par excellence des pratiques religieuses, notamment de l’islam dans sa pure originalité, est entrain de perdre cette  image depuis le samedi 30 mai 2020. Un groupe de jeune, certainement animé par le désir de la récupération de l’Imamat  ont agit de façon désinvolte en détruisant la principale mosquée de cette localité, vieille de plusieurs années. Pire, le Cheikh Ouattara Mounirou a  failli être l’objet de lynchage, n’eût été l’interposition des populations de la localité. Le prédicateur et sa famille ont pu être exfiltrés sous  une escorte des forces de l’ordre.

C’est un spectacle triste qui a été donné de voir, ce samedi 30 mai dans cette sous préfecture qualifiée de sainte : mosquée en lambeau,  des trous, visibles de part et d’autres ont été orchestré par une fronde de jeunes. Des endroits  de la fondation, pour faire écrouler ce lieu de culte tanguent. Salle de réunion, salle d’enseignement coranique, situées dans l’enceinte n’ont pas été épargnées. Comme des bêtes féroces, ces jeunes ont voulu complètement tout détruire.  A la résidence du Cheikh Ouattara Mounirou, l’on entend que le bruit des oiseaux et autres volailles qui se promènent aux alentours. Comme un silence sépulcral, le domicile est vide. Le Cheikh et sa famille sont absents. « Ils sont partis pour une destination inconnue. N’eût été la présence des gendarmes, ils les auraient assassiné », affirme par entretien téléphonique Ibrahim Ouattara résident de Yorobodi.

Yorobodi : Le guide religieux Ouattara Mounirou échappe à la mort

En effet, le Cheikh Ouattara Mounirou est l’homme le plus influent de cette localité, bien que n’étant pas l’Imam, un statut qu’il aurait d’ailleurs refusé. Sa réputation est reconnue dans la région du Gontougo et même au-delà des frontières. C’est même lui qui a intronisé le défunt Cheikh Boikary Fofana  en lui enroulant le turban symbolisant son titre d’Aimah. Bref ! les Casseurs en ont par-dessus la tête. Ils exigent de ce guide religieux, le passage de témoin  à une autre génération, pour les cérémonies  religieuses qui nécessitent des prédications, « l’aura et l’étoile du prédicateur nous empêchent d’évoluer » clament même certains.

« Mus par cette ambition de leadership, ces individus profitent pour ternir l’image de notre Cheikh », s’insurge un des élèves du guide. Au dire de ce dernier  l’ire est partie de la réhabilitation de la mosquée. Une personne de bonne volonté de la région, Ali Ouattara dit Foani a émis l’idée de prendre en charge cette réhabilitation.  Alors, « Cheick Mounirou Ouattara  préconise une réhabilitation avec extension de la mosquée pour pérenniser l'œuvre des anciens ayant contribués à la construction de l'actuelle mosquée et de l'autre côté des jeunes du village à Abidjan ( avec des soutiens dans le village) qui s'opposent et préconisent la démolition complète de la mosquée et ensuite se cotiser pour la reconstruire entièrement », poursuit-il.

Des dires contrariés par les frondeurs qui expliquent que pour la réhabilitation de la mosquée, le bienfaiteur aurait, sur ordre du Cheikh, viré l’enveloppe d’aide sur le compte du fils de Ouattara Mounirou. Et la communauté musulmane a attendu en vain cette somme pour entamer les travaux. Puisqu’eux privilégiaient plutôt la démolition, ils ont démarré donc cette destruction. Mais, disent-ils, le Cheikh aurait demandé de ne pas toucher la partie du minaret, en hommage aux actions des anciens qui ont bâti cet édifice. « Nous pensons qu’il nous cache quelques choses, il y a un fétiche dans ce lieu », poursuivent-ils. Dans leur engagement à tout casser, l’un des proches du Cheikh  a réagi vigoureusement, conséquence : un mort du côté des « des casseurs ». La tension monte, les jeunes deviennent de plus en plus  coléreux. Marteaux, barre de fer, hache, pioche etc sont saisis par ces jeunes pour  mettre en ruine ce lieu de prière. Pendant la destruction, la  population a été tétanisée de voir que ce que les « casseurs » appellent fétiche n’était autre que la chaise utilisée pour les sermons  de l’Imam lors des grandes prières de la Tabaski et du Ramadan.

En représailles à la mort d’un des leurs, ces frondeurs foncent vers le domicile du Cheikh Ouattara Mounirou . Ils feront face à d’autres jeunes prêts à en découdre, pendant ce temps la gendarmerie orchestre l’exfiltration du prédicateur avec sa famille. Aux dernières nouvelles ces individus auraient tenté d’incendier la demeure du guide religieux.

isaac.leblanc@lekiosque-deleco.com

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