Sommet mondial sur le genre : Akinwumi Adesina invite les dirigeants à faire fi des préjugés pour donner plus de financement aux femmes

Publié le par Kamagaté Issouf

Sommet mondial sur le genre : Akinwumi Adesina invite les dirigeants à faire fi des préjugés pour donner plus de financement aux femmes

« Lorsque les femmes empruntent, elles remboursent toujours. Et 80% d’entre elles parviennent chaque fois à régler leurs dettes, sans aucun problème. Où est le risque par conséquent ? Le problème, c’est la rigidité des banques et des préjugés. Il faut en sortir pour permettre aux femmes d’avoir accès aux financements », a souhaité  le président de la Bad, Akinwumi  Adesina, lors de son discours inaugural à la 4 e édition du sommet mondial sur le genre à Kigali (Rwanda).

co-organisé par le Rwanda et la Banque africaine de développement, ce sommet avait comme thème « Libérer l’accès des femmes au financement en Afrique ». Il vise à partager les meilleures pratiques et stimuler l’innovation afin d’accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes. C’est pourquoi, Adesina  a plaidé, lors de son discours,  en faveur d’une ouverture beaucoup plus large des financements aux femmes africaines.

Un panel de haut de niveau a été également animé lors de cette rencontre par Salimata Diop Dieng, ministre de la Femme, de la Famille et du genre du Sénégal, Andrew Temu, président du Fonds de garantie africain, Kennedy Uzoka, président-directeur-général de United Bank of Africa (Uba), Joséphine Anan-Ankomah, directrice générale du groupe Ecobank et Christine Ngiriye, entrepreneure.

« Il est important que les établissements financiers soutiennent les initiatives venant des femmes. Elles disposent de périmètres maraîchers, de produits agricoles à transformer. Elles créent des start-ups dans les domaines de l’innovation. Cependant, elles manquent de ressources, de garantie et les procédures pour accéder aux prêts sont compliquées », a expliqué Salimata Diop Dieng. Pour elle, les femmes ont besoin de financements plutôt modérés, juste assez pour créer des projets et des emplois. « Elles ont besoin d’un accompagnement du secteur privé et des banques pour les aider à s’installer dans le tissu économique », a-t-elle ajouté.

Poursuivant, Christine Ngiriye soutient que « le problème qui se pose, encore et toujours, est un problème de garantie. »

De son côté, Andrew Temu préconise de « discuter avec les pays pour améliorer l’environnement des affaires. Il faut surtout des lois qui rassurent les banques. Il y a plusieurs acteurs, banques, investisseurs, entrepreneurs, clients, en action sur le marché économique. Tout le monde doit se parler face aux risques. »

Le président de la Banque africaine de développement estime, pour sa part, qu’il faut « laisser tomber la question des risques. Il faut plutôt voir comment vous les gérez et comment vous les réduisez. C’est une question de gestion des risques. Lorsque que les entreprises financières prêtent de l’argent, Il faudrait qu’elles établissent des classements », a suggéré Akinwumi Adesina.

Le président de la Banque a estimé que le secteur financier avait une responsabilité envers les femmes africaines. Et il a fait une annonce : « désormais, nous allons attribuer des notes à toutes les institutions financières africaines en fonction de ce qu’elles ont fait pour les femmes. Tous les écosystèmes financiers doivent évoluer en faveur des femmes. Et nous allons mettre sous pression les banques de garantie. »

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

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