Dr Edoh Kossi Amenouve (BRVM) : "La liquidité et la profondeur d’un marché de capitaux ne se décrètent pas"

Publié le

Dr Edoh Kossi Amenouve (BRVM) : "La liquidité et la profondeur d’un marché de capitaux ne se décrètent pas"

Dans une tribune de Jeune Afrique, le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières, du dépositaire central et banque de règlement (Brvm-Dc/Br), Dr Edoh Kossi Amenouve s’est apesanti sur l’avenir des bourses africaines, dans le développement du continent.

Pour le patron de la Brvm, « l’Afrique compte actuellement 32 Bourses, avec environ 2 000 sociétés cotées, contre 5 899 en Chine, pour une capitalisation boursière de 1 400 mil­liards de dollars, soit 60 % du PIB du continent, contre 82,89 % pour la Chine. Ces indicateurs montrent bien que les places africaines n’ap­portent pas encore une contribution suffisante au développement du continent parce qu’elles sont peu utilisées ».

A l’en croire,  les privatisations d’entreprises publiques par la Bourse sont encore rares. « Depuis des années, des priva­tisations sont certes annoncées. Mais si elles ne sont pas annulées, elles sont réalisées au compte-goutte ou se font toujours attendre », déplore M. Amenouve..

Pourtant, relève-t-il, les avantages de l’introduction en Bourse sont nombreux : plus-value de cession, arrêt des subventions, amélioration des recettes fiscales, actionnariat populaire... Mais cette option, selon lui,  n'est pas privilégiée par les entreprises privées du continent lorsqu’elles cherchent à lever des capitaux à long terme, à l'exception de quelques rares grandes entreprises du secteur financier ou des télécommu­nications (Ecobank, MTN, BMCE Bank of Africa, Vodacom, Safaricom...).

Dans son analyse, Dr Edoh Kossi Amnouve observe une rareté des  sorties par voie boursière des fonds de private equity en Afrique, en dépit du dynamisme de certains groupe tels que Emerging Capital Partners et Helios Investments Partners qui  ont effectué quelques opérations de ce genre récemment. « On entend également souvent dire que les Bourses du continent ne sont ni liquides, ni profondes. Elles n'attireraient donc pas les entreprises africaines, qui leur préféreraient Londres ou New York. Mais la liquidité et la profondeur d’un marché de capitaux ne se décrètent pas. Elles se créent à l’intérieur d’un cercle vertueux : admission de nouvelles sociétés à la cote, information financière et éducation des investisseurs, liquidité, attraction de nouveaux investisseurs, profondeur du marché, admission de nouvelles sociétés à la cote ».

 

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

 

 

Commenter cet article