Route de l’Est : Le tronçon Agnibilekrou Tanda se dégrade allègrement

Publié le par Kamagaté Issouf

Route de l’Est : Le tronçon Agnibilekrou Tanda se dégrade allègrement

Si la route de l’Est, notamment le tronçon Pont Abidjan-Comoé-Abengourou-Agnibilekrou a  fière allure après sa réhabilitation, livrée officiellement en décembre 2016, ce n’est plus le cas aujourd’hui pour l’axe Agnibilékrou-Tanda, qui se dégrade allégrement sous les regards impuissants des autorités de ces localités. Qui attendent néanmoins la  réhabilitation entière de tout le tronçon (Abidjan-Abengourou-Agnibilékrou-Bondoukou-Bouna-Frontière). Une réhabilitation que rentre de la cadre du vaste programme de réhabilitation et d’entretien.

 

Le temps de voyage entre Abidjan et Bondoukou qui avoisinait maximum 5 heures de temps, grâce à la réhabilitation de l’axe Pont Comoé-Agnibilekrou, est en train de se prolonger, du fait de certains endroits du tronçon, notamment entre la région de Djuablin et du Gontougo.

 

En effet, d’Agnibilékrou à Koun Fao,  des  nids de poules sont visibles. Et dès que vous quittez Kounfao pour Tanda, la dégradation est avancée. Et parfois de véritable cuvette en plein milieu de la route. Dans cette sphère, le chauffeur use de ruse pour éviter ces trous dont le nombre est inchiffrable. Souvent les bordures des routes, celles destinées aux piétons servent de voie au conducteur pour éviter de tomber dans les trous.

 

Cette situation nous rappelle l’année  2011 où plus de 70% du réseau routier  était méconnaissable. Une dépréciation qui a occasionné, selon le gouvernement, une perte de près de 800 milliards Fcfa. Et dans la foulée, un  budget de 2570 milliards Fcfa avait été annoncé par le Fonds d’entretien routier (Fer), pour redorer le bitume de nos routes. Même si des efforts ont été faits au niveau du gouvernement pour améliorer le patrimoine routier, notamment l’axe Pont Comoé Agnibilekrou, les usagers de cette voie attendent impatiemment une rénovation pour l’autre étape du voyage, c'est-à-dire la voie Agnibilekrou-Tanda.

Cette partie de la route de l’Est, est en train de perdre de sa superbe. A cette allure, le Tour cycliste de l’Est risque de se limiter à Abengourou afin d’éviter les transbordements. Pourtant, cette compétition qui regroupe tous les grands cyclistes de la Côte d’Ivoire, a aujourd’hui une dimension internationale avec l’arrivée d’autres pays comme le Burkina Faso, le Cameroun et bien d’autres nationalités.

 

Lors du voyage, l’on sentait le stress sur le visage des passagers dans le car à cause des mouvements des sièges dus au balancement du véhicule

 

Voyager sur cette voie relève d’un véritable parcours  du combattant. On a l’impression d’être sur une piste villageoise lorsque nous empruntons le tronçon Koun-Fao Tanda, car il y a des endroits où le bitume n’existe même plus. Lors du voyage, l’on sentait le stress sur les visages des passagers dans le car, à cause des mouvements des sièges, dus au balancement du véhicule. Ainsi, s’en suit inévitablement des chocs pouvant occasionner des maux de dos.

 

« Si tu veux manger, c’est dès maintenant, parce qu’ici, le balancement t’empêchera » signale un passager, habitué au tronçon.

 

Certaines parties de la voie se sont transformées en escalier, rendant difficile le passage des véhicules, surtout les poids lourds, dont la présence est très remarquée dans la zone.

 

Les déviations des voitures, afin d’éviter les nids de poule, occasionnent souvent des accidents. Des habitants de Tankessé (Sous Préfecture de Koun Fao) nous raconte qu’il y a de cela un mois, un véhicule de transport en commun (massa) a pris la direction du ravin, dans le souci d’éviter une grosse cuvette de nid de poule. Heureusement qu’il n’y a eu que quelques  cas de blessures légères.

 

La dégradation de l’axe Koun Fao Tanda aura des répercussions sur l’économie de cette zone, notamment pour les produits comme l’anacarde, le manganèse, le café,  l’igname qui sont transportés vers les grandes agglomérations. En claire, s’il n’y a pas d’accès par la route, c’est une marge bénéficiaire très importante du PIB de l’économie ivoirienne  qui s’écroule.

 

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

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