Côte d'Ivoire-Anacarde : Quand la transformation peine à avoir une grande visibilité

Publié le par Kamagaté Issouf

Côte d'Ivoire-Anacarde : Quand la transformation peine à avoir une grande visibilité

En visite à Abidjan le  2 avril 2019, où il a eu une audience avec le  Premier Ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, l’ex-Premier Ministre britannique Tony Blair avait réaffirmé sa volonté d’accompagner la Côte d’Ivoire dans sa politique de transformation de l’Anacarde.

Cette promesse de Tony Blair, vaut son pesant d’or. Car, la filière anacarde souffre d’un taux de transformation quasi inexistant. Quand on sait que parler de transformation en côte d’Ivoire, c’est le  semi-fini

Premier exportateur et producteur de la noix de cajou, avec une production d’environ 761000 tonnes, la Côte d’Ivoire peine encore à atteindre un taux de transformation fixé dans les objectifs du Conseil Coton anacarde. En 2018, selon le Conseil, alors que les objectifs espéraient une transformation  minimum de 100.000 tonnes d’anacarde, le pays n’a malheureusement transformé que 44000 tonnes. Un gap important pour un pays qui se veut hub régional dans l’agro-industrie. Fouetté dans son orgueil, le Conseil Coton Anacarde a affiché pour 2019 un objectif de transformation de 130.000 tonnes. Une action que l’ex Premier ministre Britannique  entend soutenir  avec son organisation (Tony Blair Institute).

La problématique de la transformation a été toujours au cœur des rencontres et sommet en Côte d’Ivoire. En effet, à l’ouverture du Salon international de l’équipement et des technologies de transformation de l’Anacarde (Sietta), en novembre 2018, les acteurs de la filière avaient planché sur le thème : « Transformation de l’anacarde une mine d’opportunités pour l’autonomisation de la jeunesse africaine ». Conscient  que c’est le passage obligé pour changer la vie de ces nombreux paysans et développer l’économie ivoirienne, le directeur général du Conseil Coton Anacarde,  Dr Adama Coulibaly, soulignait la nécessité de se pencher sur le développement de la transformation locale d’anacarde en tant que source de création d’emplois et de l’autonomisation des jeunes, lors dudit Sietta.

Mais, pour lui, avant toute transformation, il faut dorénavant  une industrie de la promotion locale des équipements. « La volonté de la Côte d’Ivoire d’aller résolument vers la transformation n’est pas compatible avec une politique basée uniquement sur les équipements exogènes importés. Le succès de notre politique de transformation doit être soutenue par une politique d’encouragement de l’émergence d’une industrie locale de fabrication d’équipements et l’émergence de nouveaux corps de métiers dotés de la capacité technique, d’entretien et de réparation des machines », dira-t-il.

 

Les outils et projets mis en place par l’Etat et les partenaires financiers pour booster la transformation

 

Aujourd’hui, le taux de transformation, selon le Conseil,  de l’anacarde est dans l’ordre de 6,64%.Un  résultat qui a incité le gouvernement à mener plusieurs actions, en partenariat avec les bailleurs de fonds, dans l’optique d’atteindre un taux de transformation de 50% d’ici 2020. Parmi ces actions ont peut évoquer le Projet de promotion de la compétitivité de la chaîne de valeurs de l’anacarde. Dont le volet transformation prévoit la construction de quatre (4) plateformes industrielles dans les zones de production (Bondoukou, Bouaké, Korhogo et Séguéla). A  en croire Adama Coulibaly, les installations industrielles auront une capacité cumulée d’usinage de plus de 150.000 tonnes par an. Ce qui générera 16.000 emplois directs.

Dans le cadre de la transformation de la noix, il faut également rappeler l’élaboration du guide de bonnes pratiques de Traçabilité de la noix. En partenariat avec la Société financière internationale (Sfi), l’objectif de ce guide pratique est d’accompagner le gouvernement Ivoirien dans la mise aux normes et standards des produits transformés d’anacarde et de faciliter l’accès au financement pour les acteurs de la filière.

 

Bref ! La faible transformation des produits agricoles liée  à la qualité insuffisante de certains produits et aux pertes post récolte dans certaines chaînes de valeur de l’agriculture et l’agro-industrie constituent un handicap sérieux pour atteindre le cap de l’industrialisation. Face à cette situation, la  filiale du groupe de la Banque mondiale (Sfi) a pris encore d’autres initiatives plus originales, comme la mise en  place une plate-forme régionale. Denommée Agribusiness Market Ecosystem Alliance (Amea), cette plateforme «s'emploiera à améliorer la qualité et la performance des chaînes de valeur de l'agriculture et de l'agro-industrie en Côte d'Ivoire en mettant à disposition le matériel de formation, les outils d'évaluation et les listes de prestataires de services nécessaires pour soutenir le renforcement des capacités des coopératives et des fournisseurs d'intrants agricoles du pays », expliquait le mardi 16 avril, à Abidjan (Hôtel Azalai),Olivier Buyoya, représentant régional de la Société financière internationale (Sfi) pour la Côte d'Ivoire, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, lors de la phase de lancement de cette alliance en Côte d’Ivoire.

Pour les institutions financières, les Organisations professionnelles agricoles, cœur du système agricole ivoirien, ont plus que jamais besoin d’être accompagnées afin de réussir l’industrialisation et offrir de meilleures conditions de vie et de travail à leurs membres.

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

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