Dr Edoh Kossi Amenouve : "Malgré la baisse de certains indicateurs, la BRVM reste un marché attractif"

Publié le par Kamagaté Issouf

Dr Edoh Kossi Amenouve : "Malgré la baisse de certains indicateurs, la BRVM reste un marché attractif"

La croissance dans le monde  a connu une légère évolution, a commenté le directeur général de la Bourse régionale des valeurs mobilières, Dr Edoh Kossi Amenouve, à l’occasion de la conférence bilan 2018 des  activités de son institution, ce mercredi 30 janvier, au siège de la Brvm et du Dc/Br, dans le quartier des affaires d’Abidjan (Plateau).

A en croire le directeur général, la croissance mondiale est actuellement tirée par les Etats Unis avec un taux de 2,9%. Qui est « quasiment le taux de croissance du continent africain. Ce qui est un phénomène rare », révèle-t-il. En outre, dit-il dans les pays émergents, la croissance est stable, mais avec un niveau faible. Des résultats  consécutifs au ralentissement de l’économie chinoise, liée à plusieurs facteurs dont la situation commerciale mondiale actuelle. Quant à l’Afrique, Dr Edoh Kossi Amenouve observe que les choses ne se sont pas passées comme prévue. Car, la croissance à reculé à 1,9/ contre 2% en 2017. Cette  situation, selon lui, est tirée par les contre performances de deux géants (l’Afrique du Sud et le Nigeria). « Tout cela a permis à l’Uemoa de garder une croissance relativement élevée », a-t-il soutenu.

Pour lui, sur les 10 économies fortes, six  sont issues de l’Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal, Ghana, Djibouti, Ethiopie, Tanzanie). Et la Brvm a évolué dans ce même contexte . La preuve, justifie Amenouve, la bourse de l’Uemoa a attiré en 2018 une entreprise (Oragroupe) qui a réalisé la levée la plus importante dans les Offres publiques de vente (Opv) sur la Brvm, avec 56,9 milliards Fcfa. Sans oublier un dynamisme au niveau des activités du marché obligataire (834 milliards Fcfa).

De ce fait, une forte progression des valeurs de transactions est constatée, passant de 50 en 2006 à 114 en 2018. Tout comme la valeur des titres qui a atteint 117 à cette même période contre 41 en 2008. Et l’évolution de la liquidité estimée à un niveau plus élevé  en 2017 (21,54%), alors qu’elle était à 5% en 2012.

Mais, le directeur général de la Bourse des valeurs mobilières, a relevé une baisse au niveau des deux indices phares, le Brvm 10  qui est à -29,72 et le le Brvm Composite -29,14 points. Aussi, les capitalisations boursières  du marché des actions et du marché des obligations ont connu une baisse respective de 4845 milliards Fcfa et 340 milliards Fcfa. « 2018 a été difficiles pour les bourses africaines. La quasi-totalité de ces bourses sont dans le rouge, excepté le Malawi, la Tunisie et le Zimbabwé », explique le directeur général de la Brvm. Ajoutant que les tensions commerciales sino-américaines le spectre de no deal du brexit, le shutdown et les incertitudes sur la politique monétaire des banques centrales ont entre autres été pour beaucoup dans cette crise au niveau du marché financier africain. « Malgré la baisse de certains  indicateurs, la Brvm reste un marché attractif », a-t-il affirmé.

En effet, 713,257 milliards Fcfa ont été injectés dans l’économie de l’Uemoa, à travers le Dépositaire centrale Banque de règlement. Ces montants concernent les intérêts sur obligations cotées (195,97 milliards Fcfa), les remboursements d'obligations non cotées (26,78 milliards Fcfa), le remboursement d'obligations  cotés  (364,92 milliards) etc. Les indices de rentabilité et de liquidité ont profité pour faire leur pic.

Même si une grande prudence est affichée pour les perspectives à cause des phases d’incertitudes et de perturbations, la Brvm  veut s’adapter au besoin du moment. Pour cela, elle envisage inciter les grandes entreprises à se faire coter et voudrait aussi poursuivre les réflexions pour faciliter l’accès des Pme au marché obligataire, ce qui serait une innovation pour l’Uemoa. Déjà, des sillons de cette révolution ont un impact. L’exemple du marché en continu, la mise en place du diasporabond, la privatisation de certaines entreprises pour attirer plus d’investisseur. La bourse de l’Uemoa s’engage aussi à nouer des relations avec les organisations nationales en charge des questions des Pme pour alimenter le Troisième compartiment et également à renforcer le mécanisme de surveillance des transactions pour préserver l’équité du marché. Ainsi qu’à élaborer  un code de gouvernance pour les sociétés cotées etc.

 

issouf.kamagate@lekiosque-deleco.com

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