La Banque Africaine de Développement et Africa50 signent un accord historique pour la réalisation d’un pont reliant Kinshasa et Brazzaville

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En marge du Forum Africain des Investissements (Africa Investment Forum), la Banque Africaine de Développement et Africa50 ont signé le mercredi 7 Novembre un accord avec la République Démocratique du Congo et la République du Congo portant sur le développement et le financement du premier pont rail-route reliant leurs capitales – Kinshasa et Brazzaville.

 

Sous les termes de l’accord, les deux gouvernements ont mandaté Africa50 et la Banque Africaine de Développement pour développer le projet sous la forme d’un partenariat public-privé (PPP). La Banque agira en tant que pourvoyeur de la dette sous l’égide de la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale (CEEAC). En tant que développeur du projet, Africa50 dirigera la phase de développement du projet, aidera dans la sélection du partenaire stratégique et fournira du capital aussi bien pour la phase d’amorçage que la phase de construction.

 

Dans son discours prononcé lors de la cérémonie de signature, le Ministre d’État au Plan de la République Démocratique du Congo, a expliqué qu’au-delà de relier les deux villes, la construction du pont allait accélérer l’intégration régionale. “Cette initiative historique s’inscrit dans notre vision de moderniser les infrastructures de base de notre pays et nous nous réjouissons de travailler avec Africa50, la Banque Africaine de Développement et la Communauté Économique des États d’Afrique Centrale.” a-t ’il ajouté.

Pour le Ministre de l’Aménagement du Territoire et des Grands Travaux de la République du Congo, M. Jean-Jacques Bouya, l’amélioration des infrastructures constitue l’une des priorités majeures de la République du Congo, en particulier le transport, qui permet de diversifier l’économie à travers le développement du commerce et des investissements. “L’impact de ce projet sera significatif, il stimulera le commerce, la croissance économique, et la création d’emplois au Congo mais aussi au-delà de nos frontières.” a-t ‘il dit. 

Ce projet emblématique figure dans le Plan d’Action Prioritaire du Programme pour le Développement des Infrastructures (PIDA), et consiste en un pont à péage de 1,575 kilomètres de long, au-dessus du fleuve Congo. Il comprendra une voie ferrée, une route à double ligne, des passages piétons et un poste de contrôle frontalier de chaque côté. Il sera connecté aux infrastructures routières existantes dans chaque pays. Son coût était estimé à 550 millions de dollars américains en 2017.

 

Le pont améliorera le réseau de transport entre Kinshasa et Brazzaville. Ces deux capitales les plus proches du monde sont actuellement uniquement reliées par des bateaux. Une fois le pont complété, le trafic actuel estimé à 750 000 personnes et 340 000 tonnes de marchandises par an, devrait atteindre 3 millions de personnes et 2 millions de tonnes de marchandises d’ici à l’horizon 2025.

 

Les gouvernements des deux pays ont travaillé pendant longtemps sur cet important projet d’infrastructure, signant un protocole en 2007, tout en coopérant et co-finançant l’étude de faisabilité avec la Banque Africaine de Développement.

 

Le Président de la Banque Africaine de Développement, Akinwumi Adesina a dit “L’idée de connecter les deux capitales date depuis le milieu du 19ème siècle. Ce projet n’est qu’un début et ouvrira la voie à d’autres.”


Pierre Guislain, Vice-président: Secteur Privé, Infrastructures et Industrialisation de la Banque Africaine de Développement a ajouté “Ce projet constitue un exemple concret de la mission du Forum Africain des Investissements: la création de partenariats entre les institutions africaines et le secteur privé, pour la mise en œuvre de projets qui vont transformer le continent.”

 

Pour Alain Ebobisse, Directeur Général d’Africa50, “Compte tenu de son aspect transfrontalier, le projet comporte des enjeux de structuration et de développement uniques et d’une complexité accrue pour aboutir à un montage de PPP suffisamment robuste et bancable. C’est dans ce cadre que l’expertise d’Africa50 en termes de développement de projet peut faire la différence. Avec le soutien de la République Démocratique du Congo et la République du Congo; ainsi que l’aide de la Banque Africaine de Développement et la CEEAC,  nous sommes convaincus que ce projet pourra se réaliser dans les quelques années à venir.”

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